Au-delà d’être la ville où travaillèrent Goya et Vélasquez, tous deux peintres de cour des rois d’Espagne, Madrid abrite un important patrimoine culturel reflétant la plupart des styles européens.

Musées à Madrid

**  Le texte de cette article est obtenu de la guide Art à Madrid publiée par la mairie de Madrid et que vous pouvez télécharger ici**

 

Le point d’orgue de cet itinéraire est bien sûr la Promenade de l’Art (Paseo del Arte), presque un kilomètre et demi d’espaces verts jalonnés par trois des meilleures pinacothèques au monde – le Musée national du Prado, le Musée Thyssen-Bornemisza et le Musée Reina Sofía – qui offrent un parcours artistique complet du Moyenâge à nos jours. Les amateurs d’art apprécieront aussi les Sites Royaux, l’ensemble des monuments et jardins liés à la famille royale espagnole, aujourd’hui géré par l’institution Patrimonio Nacional.

Les monastères royaux de Las Descalzas et de La Encarnación, le Palais d’El Pardo et le Palais Royal sont situés à Madrid même tandis que dans la région se trouvent le Palais d’Aranjuez et le monastère de l’Escorial, abritant de grandes collections d’arts somptuaires, de mobilier et de peintures.

musées madrid
Le Musée du Prado

 

Bien que ses collections n’incluent pas seulement des œuvres d’art, le Musée national d’Archéologie permet de découvrir les différents modes de vie et les coutumes des civilisations ayant peuplé la péninsule
Ibérique et caractérisant le bassin méditerranéen. Madrid est aussi le siège d’autres musées nationaux plus méconnus tels que le Musée Cerralbo, le Musée du Romanticisme, celui d’Amérique, celui d’Anthropologie, celui des Arts décoratifs, ou encore le Musée Sorolla.

Sans oublier la Fondation Lázaro Galdiano, héritière du collectionneur privé qui lui donna son nom. Soulignons aussi le cas particulier de l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando, institution qui, en plus de promouvoir la recherche, la diffusion et la protection de l’art, abrite l’un des musées les plus intéressants de la ville.

Il faudrait toute une vie pour bien connaître les musées de Madrid, la grande pinacothèque du monde recelant tant de chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art.

 

Musée du Prado

Selon l’historien de l’art Jonathan Brown :« rares sont ceux qui oseraient contester le fait que le Musée du Prado est le plus important au monde en matière de peinture européenne ». Ce qui ne fait cependant aucun doute c’est qu’il regroupe la plus grande collection d’art espagnol, et ses salles surprennent par la présence d’innombrables chefs-d’œuvre signés Raphaël, El Greco ou encore Rubens.

 

Rois et empereurs

Une grande partie du fonds du Musée du Prado provient de la collection de peintures des rois d’Espagne, ce qui explique la présence de nombreux portraits de la cour. Parmi les meilleurs exemples, citons L’Empereur Charles Quint à cheval à Mühlberg du Titien ou ceux qu’Antonio Moro, Sánchez Coello et Sofonisba Anguissola ont peints pour Philippe II et sa famille.

Mais les deux peintures phares du musée sont incontestablement. Les Ménines de Vélasquez – une scène où l’infante Marguerite, fille de Philippe IV, apparaît en compagnie de ses demoiselles d’honneur et de ses bouffons et la Famille de Charles IV de Goya. Dans ces deux oeuvres, les peintres se montrèrent très audacieux en se représentant eux-mêmes aux côtés des membres de la famille royale, contrairement aux us et coutumes de l’époque. Vélasquez revendique ainsi sa noblesse et celle de l’art de la peinture, tout comme Goya.

 

Des mythes classiques

La mythologie gréco-romaine fut, pendant des siècles, un excellent prétexte permettant aux artistes de représenter des nus. Les histoires de dieux et de héros offraient la possibilité de peindre des scènes qu’il aurait été impossible d’aborder autrement pour des questions de morale et de décence. En effet, les « poésies » du Titien – dénommées ainsi à l’époque – telle La Bacchanale des Andriens ont un caractère érotique indéniable, tout comme bon nombre d’oeuvres de Rubens, parmi lesquelles Les Trois Grâces, un tableau faisant partie de ses pièces les plus précieuses et pour lequel avait posé sa deuxième femme, Hélène Fourment.

Vélasquez aussi aborda de nombreux thèmes mythologiques, non pas destinés à exciter les sens mais bien comme des allégories renvoyant à une réflexion sur le pouvoir et l’autorité. Les Fileuses et Le Triomphe de Bacchus (ou Les Ivrognes) en constituent de bons exemples.

 

Peintures religieuses

Parmi les peintures religieuses du musée se distinguent, pour leur qualité, La Descente de Croix de Van der Weyden et L’Annonciation de Fra Angelico, deux oeuvres symboliques de l’art européen du XVe siècle, la première exécutée en Flandre et la deuxième à Florence.

À part, citons également les salles consacrées à la peinture vénitienne, avec de superbes oeuvres comme Le lavement des pieds du Tintoret, et l’art espagnol des XVIe et XVIIe siècles avec La Trinité d’El Greco, Le Martyre de saint Philippe de Ribera, Sainte Élisabeth de Portugal de Zurbarán ou encore L’Immaculée Conception de Murillo.

 

L’histoire en direct

Grâce aux tableaux de Goya Les Fusillades et La Charge des Mamelouks, nous pouvons revivre l’insurrection de mai 1808 des Madrilènes contre les troupes napoléoniennes. À travers ces peintures, l’artiste révolutionna la manière d’aborder le genre historique en le rendant bien plus immédiat. Les salles du Musée du Prado consacrées au XIXe siècle permettent de découvrir également quelques exemples postérieurs, comme L’Exécution de Torrijos et ses compagnons sur les plages de Malaga d’Antonio Gisbert Pérez.

 

Rêve et cauchemar

Parmi les représentations de l’Enfer et du Paradis, le musée possède des toiles comme Le Jardin des délices et Le Chariot de foin de Jérôme Bosch, El Bosco, uniques à la fois par leur exécution caractéristique de l’art précieux et par l’univers onirique qu’elles déploient. Les oeuvres d’autres peintres flamands comme Joachim Patinier ou Pieter Brueghel l’Ancien s’inscrivent dans ce même courant. Quelques siècles plus tard, en Espagne, Goya aborda également le thème de l’horreur et de la peur dans les Peintures noires, d’abord accrochées aux murs de sa maison, La Quinta del Sordo, et aujourd’hui exposées au Musée du Prado.

 

Musée Reina Sofía

C’est autour du tableau Guernica, oeuvre que Picasso créa pour le Pavillon de la République espagnole à l’Exposition universelle de Paris de 1937, que s’articule l’une des collections d’art contemporain les plus intéressantes d’Europe. Le Musée propose un programme complet d’expositions et d’activités, et dans ses salles, en constante transformation, il fait la part belle non seulement à la peinture mais également aux autres formes d’expression artistique, y compris l’art conceptuel et l’art performance.

 

La Guerre Civile

Pendant le conflit, le gouvernement de la République fit du Pavillon d’Espagne à l’Exposition universelle de Paris de 1937 un outil de propagande en sa faveur. En plus de la grande toile que Picasso composa pour dénoncer le bombardement de Guernica, le musée conserve quelques-unes des oeuvres exposées dans le pavillon ainsi qu’une maquette de ce dernier, oeuvre de Josep Lluis Sert et de Lluis Lacasa. Ces salles illustrent la montée des totalitarismes en Europe avec des oeuvres comme Masque de Montserrat criant de Julio González ou Grand prophète de Gargallo.

 

Violence

La multiplication de conflits armés, les délicates relations postcoloniales, les différents mouvements de libération, la chute du mur de Berlin et la redistribution des centres de pouvoir et de leurs périphéries ont dessiné un monde en proie à de nombreuses tensions politiques exprimées de différentes manières. L’informalisme, avec à sa tête en Espagne les groupes El Paso et Dau al Set, l’Arte Povera ou encore les nouveaux réalismes européens ne sont que quelques exemples de cette carte passionnante de la seconde moitié du XXe siècle. À cet égard, Les trompettes du Jugement dernier de Pistoletto et Le porte-manteaux de Carlos Leppe constituent deux oeuvres très significatives.

 

Rêves

L’univers onirique fut une source d’inspiration pour de nombreux artistes d’avant-garde, tel Salvador Dalí qui développa la méthode paranoïaque-critique lui permettant d’illustrer le rêve sur la toile. Le musée conserve quelques-unes des oeuvres les plus célèbres du peintre dont Jeune fille debout à la fenêtre et Visage du Grand Masturbateur. Parmi d’autres artistes du mouvement surréaliste sont aussi présents Óscar Domínguez et Joan Miró dont le musée expose de nombreuses oeuvres comme Escargot, femme, fleur et étoile.

 

Féminismes

Au début du XXe siècle, il était encore rare qu’une femme se consacre professionnellement à l’art, or le musée s’intéresse tout spécialement à l’oeuvre des pionnières de l’avant-garde. Parmi elles figurent María Blanchard, dont les tableaux furent souvent confondus avec ceux de Juan Gris ; Sonia Delaunay, qui vécut en Espagne de 1917 à 1921 ; Maruja Mallo, membre de l’École de Vallecas avec Alberto Sánchez et Benjamín Palencia, ou encore Ángeles Santos, auteure de Un monde, l’une des pièces les plus énigmatiques de la collection. Plus tard toujours au XXe siècle,
impossible d’ignorer les oeuvres de Lygia Clark, Nancy Spero, Louise Bourgeois et Esther Ferrer.

 

Poètes et intellectuels

L’exposition permanente du musée présente diverses généalogies intellectuelles sur lesquelles la littérature a exercé une grande influence : de La réunion au Café de Pombo, présidée par Ramón Gómez de la Serna – grand divulgateur des avant-gardes en Espagne – et peinte par Gutiérrez Solana, à la contre-culture des années 70 et 80, en passant par la compagnie de théâtre La Barraca, dirigée par le charismatique Federico García Lorca et dont furent membres de nombreux artistes de l’époque.

 

Musée ThyssenBornemisza

 

En 1992 fut installée dans le Palais de Villahermosa la Collection Thyssen-Bornemisza, fidèle reflet des goûts de ses grands promoteurs, les barons Heinrich et Hans Heinrich, formés dans la pure tradition artistique centre-européenne. Depuis lors, il est devenu un musée de référence à Madrid, en intégrant notamment une partie des œuvres acquises par Carmen Thyssen-Bornemisza. Ses collections illustrent parfaitement la peinture hollandaise du XVIIe siècle, la peinture américaine du XIXe siècle, l’impressionnisme et les avant-gardes historiques.

 

La révolution du portrait

Ce genre occupe une place prépondérante au Musée Thyssen-Bornemisza, avec de superbes exemples de la Renaissance comme le portrait de Giovanna Tornabuoni de Domenico Ghirlandaio ou celui du Jeune chevalier dans un paysage de Vittore Carpaccio, l’un des premiers portraits en pied. Également de la même époque, mais issus cette fois du Nord de l’Europe, citons le portrait d’Henri VIII par Hans Holbein et Portrait d’un homme gros de Robert Campin. Certaines oeuvres, du XXe siècle cette fois, véhiculent une forte personnalité : Hugo Erfurth avec un chien d’Otto Dix, George Dyer dans un miroir de Francis Bacon ou Reflet avec deux enfants (autoportrait) de Lucian Freud qui sont, d’une certaine manière, héritières de cette même tradition.

Le tour du monde

En découvrant les oeuvres de la collection, le visiteur fait en quelques mètres un voyage autour du monde. De La Place Saint Marc de Venise représentée au XVIIIe par Canaletto à La Rue Saint-Honoré un jour de pluie de 1897, telle que l’avait peinte Pissarro. Ou des paysages de Tahiti qui inspirèrent tant de tableaux à Gauguin comme Mata Mua (Autrefois), au Far West.

 

Art abstrait et figuratif

Un peu à la manière d’un manuel d’histoire de l’art, la collection est si exhaustive qu’elle permet de découvrir en détail la diversité des avant-gardes historiques. Des mouvements comme l’expressionnisme, le cubisme, le constructivisme et le surréalisme sont parfaitement représentés, ainsi que l’art nord-américain de la seconde moitié du XXe siècle, les expressionnistes abstraits, le pop’art et l’hyperréalisme. Parmi les oeuvres les plus importantes, citons celles de Braque, Popova, Mondrian, Lichtenstein ou encore Rothko.

 

 

Génies

On pourrait parcourir le Musée Thyssen en suivant les peintres devenus célèbres par leur personnalité légendaire, en d’autres termes, les artistes considérés comme des « génies de la peinture ». Ce sont Dürer, présent dans la collection avec son Jésus parmi les docteurs, Le Caravage qui s’enfuit de Rome accusé d’assassinat peu après avoir peint Sainte Catherine d’Alexandrie, Rembrandt, dont nous conservons à Madrid un des nombreux autoportraits, ou Van Gogh qui peignit Les Vessenots près d’Auvers peu avant de mettre fin à ses jours.

 

Le Palais Royal

Ce majestueux édifice, érigé par les architectes Filippo Juvarra et Giambattista Sacchetti à l’endroit même où se trouvait l’Alcazar des Habsbourg, ouvre ses portes tous les jours en tant que musée, sauf lors d’actes institutionnels. Sa vaste collection de peintures, de sculptures, d’armes et d’arts décoratifs est unique au monde. Bien qu’il s’agisse de la résidence officielle des rois d’Espagne, les monarques résident au Palais de la Zarzuela situé non loin de Madrid.

Arts décoratifs

Malgré tous les aléas de l’Histoire, le Palais Royal de Madrid a su conserver une bonne partie de son mobilier d’origine. Citons, pour leur beauté, le Salon Gasparini, chef-d’œuvre de l’art rococo ayant servi de dressing au roi Charles III, et le Salon de Gala, décoré du temps d’Alphonse XII de superbes tapisseries de Guillaume de Pannemaker tissées au XVIe siècle. Dans ce palais, les horloges, les commodes, les fauteuils et les lampes ont été les témoins privilégiés – et le sont encore aujourd’hui – de conversations solennelles d’une grande portée politique.

 

Iconographie du pouvoir

En plus des plafonds peints – œuvres de Tiépolo dans la Salle du Trône et de Corrado Giaquinto dans la Chapelle royale –, le palais conserve plusieurs portraits de Goya et un tableau du Caravage intitulé Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste. Jean de Flandres, Rubens et Winterhalter figurent également sur la longue liste des peintres ici présents.

Instruments de musique et armes

 

Parmi les extraordinaires collections du palais, citons le Quatuor royal composé de deux violons, une viole et un violoncelle que Stradivarius fabriqua pour Charles II. L’armurerie conserve également des pièces d’une grande valeur, comme une dague à ouïes issue d’un atelier nazaréen de Grenade – très bel exemple du raffinement hispano-musulman – ou encore la tenue de parade de l’empereur Charles Quint.

Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando

En 1752, Philippe V fonda l’Académie royale des Beaux-Arts de San Fernando sur le modèle de celles qui existaient déjà en Italie et en France. Depuis lors, l’Académie mène le débat public dans les domaines de la peinture, de la sculpture et de l’architecture. Soulignons que le Palais de Goyeneche, qui abrite l’institution, fut également, jusqu’en 1967, le siège de l’École des Beaux-Arts sur les bancs de laquelle passèrent Picasso et Dalí. Son musée possède l’une des plus importantes collections de peintures et de gravures de Goya.

Maîtres et modèles

Le musée abrite des chefs-d’œuvre d’académiciens issus de l’institution même, comme Van Loo, Mengs ou encore Goya. De ce dernier, citons les portraits de Manuel Godoy, Prince de la Paix, et de l’actrice La Tirana, ainsi que le tableau L’Enterrement de la sardine qui illustre l’ambiance d’un mercredi des Cendres au début du XIXe siècle. Le musée possède également des œuvres d’Alonso Cano, de Murillo et de Rubens, entre autres nombreux peintres européens qui contribuèrent à forger le canon que les étudiants devaient suivre. José Gutiérrez Solana, Antonio López et Lucio Muñoz firent aussi leurs études à l’École des Beaux-Arts.

 

Personnalités uniques

Outre des œuvres de référence, l’Académie a également conservé plusieurs curiosités, parmi lesquelles Le printemps, un buste œuvre du peintre maniériste Giuseppe Arcimboldo qui représente une tête entièrement composée de fleurs. Autres peintures exceptionnelles : Le songe du chevalier d’Antonio de Pereda, qui représente un homme endormi face à tous les fastes de la vie qui le conduiront à la mort, et la mystérieuse peinture Femme en prière de Julio Romero de Torres, exemple le plus criant d’un certain symbolisme espagnol du début du XXe siècle.

Chalcographie nationale

Le Palais de Goyeneche accueille également la Chalcographie nationale, fondée en 1789 pour entreprendre d’importants projets de gravure dans le domaine de la politique illustrée. Son plus beau trésor est constitué par les plaques en cuivre utilisées par Goya pour ses séries d’eaux fortes : Les Caprices, Les Désastres de la guerre, La Tauromachie et Disparates.

 

Musée archéologique national

Tout comme d’autres grands musées du monde dont la mission consiste à montrer les témoignages du passé de chaque pays, le Musée archéologique national, fondé en 1867 par la reine Isabelle II, accueille des collections d’antiquités illustrant les modes de vie des différentes cultures ayant peuplé la péninsule Ibérique et la Méditerranée. Parmi les œuvres majeures figurent les sculptures ibères, les mosaïques romaines, les mobiliers funéraires wisigoths, les coffrets en ivoire hispanomusulmans et les éléments architecturaux médiévaux.

 

Le monde des morts

La Dame d’Elche est probablement l’œuvre d’art la plus connue parmi celles exposées au musée. D’après certains spécialistes, il pourrait s’agir d’une ancienne urne cinéraire. Quoiqu’il en soit, l’harmonie et la sérénité de son expression sont saisissantes, ce qui en fait une pièce exceptionnelle de l’héritage artistique des Ibères, l’un des peuples présents sur la péninsule Ibérique avant la romanisation. Les momies égyptiennes et guanches, les mobiliers funéraires celtes ou encore les sarcophages romains, comme celui d’Oreste, ne sont que quelques exemples de la richesse du monde des morts.

 

Architectures

Le musée réunit également un bel ensemble d’éléments architecturaux notables, comme les mosaïques romaines exposées aujourd’hui à la manière de tableaux, les plafonds à caissons mudéjars – c’est-àdire montés dans des monuments chrétiens selon des techniques hispano-musulmanes – ou encore une série de chapiteaux de style roman. Les salles consacrées au Moyen-Âge et à l’époque moderne méritent également qu’on s’y attarde

 

Objets somptuaires

Des objets précieux, miroirs, bijoux ou unguentariums, figurent parmi la collection du Musée archéologique national. Y figurent notamment les Couronnes votives du trésor de Guarrazar, un ensemble d’exvotos wisigoths, et le Pyxide de Zamora, une délicate pièce en ivoire confectionnée pour le Calife de Cordoue Al-Hakam II.

 

Musée Lázaro-Galdiano

En plus d’avoir été un collectionneur hors-normes, José Lázaro Galdiano fut l’éditeur de La España Moderna qui publia, à la fin du XIXe siècle, des textes de Pardo Bazán, Unamuno, Galdós, Dostoïevski, Tolstoï ou encore Flaubert, parfois traduits pour la première fois en espagnol. Tout au long de sa vie, il acquit des œuvres d’art, des bijoux, des armes, du mobilier, des livres et des documents d’une grande valeur qui sont aujourd’hui exposés au Palais de Parque Florido, résidence où il vécut avec sa femme, rue Serrano.

 

L’École espagnole

José Lázaro Galdiano affichait un intérêt tout particulier pour Goya et les artistes espagnols influencés par ce dernier. En plus d’une série de tableaux du peintre aragonais, parmi lesquels Le Sabbat des sorcières et La Conjuration (Les Sorcières), le musée conserve également des œuvres très significatives de Federico Madrazo, tel que le portrait de Gertrudis Gómez de Avellaneda, ainsi que d’Eugenio Lucas Velázquez et de son fils, Eugenio Lucas Villaamil, auteur des plafonds du palais. De plus, trois salles sont consacrées aux maîtres espagnols des XVIe et XVIIe siècles, avec des œuvres de Murillo, Zurbarán, El Greco et Juan Carreño de Miranda.

 

Un goût personnel

Le collectionneur savait apprécier la beauté d’une peinture du haut Moyen-Âge, comme en témoigne la Vierge de Mosén Esperandeu de Santa Fe de Blasco de Grañén. Son esprit cosmopolite lui permettait d’apprécier aussi l’art anglais, dont le musée conserve des portraits de Lely, Reynolds, Lawrence et Romney. Citons également deux œuvres tout à fait singulières: Saint Jean-Baptiste de Jérôme Bosch, El Bosco, et Le Christ adolescent, un mystérieux tableau attribué aujourd’hui à Boltraffio, mais ayant longtemps été imputé à Léonard de Vinci.

 

Bibliophilie et autres joyaux

La bibliothèque de la Fondation Lázaro Galdiano abrite des œuvres exceptionnelles, comme les livres d’heures de William Hastings et de Gian Giacomo Trivulzio, plusieurs miniatures perses et mogholes, ou encore un manuscrit d’El Buscón de Quevedo du XVIIe siècle. Parmi les documents les plus singuliers conservés par la bibliothèque figurent les lettres de Lope de Vega et de Francisco de Goya.

La fragilité du papier interdit leur exposition permanente, si bien que des expositions périodiques sont organisées pour exposer ses fonds. De plus, le musée possède une fabuleuse collection d’arts décoratifs, avec des objets uniques tels que l’épée du comte de Tendilla ou plusieurs coffrets en ivoire, ainsi que des pièces archéologiques d’une grande valeur, dont une jarre de la culture tartessienne et des bronzes wisigoths.

 

Musée Sorolla

La maison que le peintre Joaquín Sorolla avait fait construire dans le quartier de Chamberí est aujourd’hui un musée abritant nombre de ses chefs-d’œuvre. L’artiste valencien, qui jouissait d’une grande renommée internationale au début du XXe siècle avec ses marines, ses jardins et ses scènes populaires espagnoles, peaufina une technique destinée à capter les effets de la lumière sur l’eau ou dans les feuillages.

 

Marines

Les plages, aussi bien celles de la Méditerranée que de la Côte Cantabrique, sont des thèmes récurrents dans la peinture de Sorolla. Des scènes les plus populaires représentant des pêcheurs aux tableaux sur le thème des estivants, sous leurs ombrelles, à l’abri du soleil. En y prêtant attention, le nombre de couleurs servant à l’artiste pour représenter le sable mouillé ou la peau est surprenant. Promenade au bord de la mer, fort d’un puissant cadrage en contre-plongée autour des personnages au-dessous de la ligne de l’horizon, ou Les nageurs, avec la représentation du corps en mouvement dans l’eau, figurent parmi les chefs-d’œuvre de l’artiste.

 

Espagne

Après avoir été chargé de décorer la bibliothèque de l’Hispanic Society of America de New York avec des thèmes espagnols, Sorolla sillonna le pays à la recherche de scènes populaires, de paysages pittoresques et de jardins secrets, comme celui de sa propre maison à Madrid qu’il peindra à plusieurs reprises. Il devint ainsi l’un des meilleurs ambassadeurs culturels aux États-Unis sous le règne d’Alphonse XIII. Mariée Lagarterane et les séries de tableaux avec vue sur les montagnes et les patios de l’Alhambra en sont l’illustration. Sorolla collectionnait également de la céramique populaire et du mobilier historique qui font partie aujourd’hui du musée.

 

Progrès et misère

Le peintre fut également chroniqueur de la société espagnole du début du XXe siècle. En plus de dresser le portrait de nombreux intellectuels, aristocrates et hommes politiques de son époque, Sorolla rapportait dans ses œuvres les différents modes de vie du pays. En ce sens, les tableaux tels que Les Chercheurs, qui rend hommage aux progrès de la science espagnole à cette époque connue comme l’Âge d’argent, ou encore Traite de blanches, signe de la préoccupation sociale qui rejaillit souvent dans l’œuvre de l’artiste, en sont des exemples évocateurs.

 

 

Horaires des musées

 

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Guide de l’Art & des Musées à Madrid
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